Un tiroir qui déborde de pochettes cartonnées, des clichés de genou vieux de quinze ans, une radio des poumons jamais réclamée par personne : beaucoup de foyers gardent des radiographies sans savoir qu’en faire. Les jeter dans le bac gris paraît logique, mais ce n’est pas le bon réflexe. Voici les lieux de dépôt qui les acceptent, les précautions à prendre avant de s’en séparer et ce qu’elles deviennent ensuite.
Où jeter ses radiographies ?
Les radiographies ne vont pas avec les ordures ménagères. Trois types de lieux peuvent les reprendre : la déchèterie, les établissements de santé et, dans certains cas seulement, les pharmacies. Le plus fiable reste de se renseigner avant de se déplacer, car les pratiques varient d’une commune et d’un établissement à l’autre.
En déchèterie
La déchèterie est la solution la plus courante pour un particulier. Beaucoup de sites disposent d’un conteneur dédié aux radiographies, souvent regroupées avec les déchets de petits objets ou de matériaux à filière spécifique. Le dépôt est gratuit pour les habitants de la collectivité concernée, sur présentation éventuelle d’un justificatif de domicile.
Toutes les déchèteries n’ont pas ce point de collecte. Le plus simple est de consulter le site de sa communauté de communes ou d’utiliser l’outil « Que faire de mes déchets ? » de l’ADEME, qui indique les points de dépôt proches de chez soi pour chaque type de déchet.
Dans les établissements de santé
Les hôpitaux, cliniques et cabinets de radiologie manipulent des films tous les jours et disposent souvent d’une filière de collecte pour les clichés en fin de vie. Certains acceptent volontiers ceux de leurs patients, voire de particuliers extérieurs. Un appel au secrétariat du service d’imagerie suffit pour savoir si un dépôt est possible et à quelles conditions.
Ce lieu présente un avantage : les personnels connaissent la nature du support. Ils savent s’il s’agit d’un film argentique ou d’un tirage récent, et orientent le déchet vers le bon circuit de recyclage.
Les pharmacies reprennent-elles les radiographies ?
En règle générale, non. Les pharmacies sont mandatées pour reprendre les médicaments non utilisés, via le dispositif Cyclamed, ainsi que certains déchets d’activité de soins des patients en auto-traitement. Les radiographies n’entrent dans aucun de ces cadres. Certaines officines rendent service à leur clientèle, mais rien ne les y oblige, et mieux vaut ne pas compter dessus.
Film argentique ou radio récente : deux tris différents
Les anciennes radios, sur film argentique, contiennent des sels d’argent et suivent une filière de récupération spécifique. Les clichés plus récents, imprimés sur papier ou sur film dit « sec », n’en contiennent pas ou très peu. Pour ceux-là, les consignes varient : certaines collectivités les acceptent avec les films, d’autres demandent de les mettre au tri du papier ou aux ordures ménagères. En cas de doute, demandez à votre déchèterie.
Pourquoi ne pas jeter les radiographies à la poubelle ?
Une radiographie argentique n’est pas un simple morceau de plastique. Son émulsion contient de l’argent, un métal qu’on récupère et qu’on réutilise, notamment dans l’industrie. Un film jeté avec les ordures ménagères part à l’incinération ou à l’enfouissement, et cette ressource est perdue. Le support en polyester, lui, met très longtemps à se dégrader.
Il y a aussi un enjeu pour l’environnement. Les résidus chimiques du film, dont les métaux, ne devraient pas se retrouver dans les fumées d’un incinérateur ni dans les sols d’un site de stockage. Séparer ces déchets en amont limite les pollutions et allège le traitement des déchets résiduels.
Une précision utile : les radiographies ne sont pas des DASRI. Ces déchets d’activités de soins à risques infectieux (seringues, pansements souillés) relèvent d’une filière médicale distincte. Un film radiographique n’est pas contaminé, et un particulier n’a donc aucune démarche spéciale à effectuer, en dehors du dépôt en point de collecte.
Peut-on les brûler ?
Mieux vaut s’en abstenir. Brûler un film dans une cheminée ou en plein air dégage des fumées toxiques, et l’argent est détruit au lieu d’être valorisé. Les radiographies sont par ailleurs mal adaptées à la combustion domestique, et cette pratique est déconseillée par les collectivités.
Que deviennent les radiographies collectées ?

Une fois déposées, les radiographies sont regroupées par des prestataires spécialisés, qui les traitent pour en extraire l’argent. Le film est plongé dans un bain chimique qui décolle la couche d’émulsion, puis l’argent est récupéré et affiné. Le support en plastique est de son côté nettoyé et orienté vers une filière de recyclage, ou valorisé énergétiquement.
Le métal récupéré retrouve ensuite un usage dans l’industrie, l’électronique ou la bijouterie. Cette valorisation finance en partie la collecte, ce qui explique que le dépôt soit gratuit pour l’usager.
Combien de temps faut-il conserver ses radiographies ?
Aucune règle ne fixe de durée à respecter pour un patient. La loi impose en revanche aux établissements de santé de conserver le dossier médical, images comprises, pendant vingt ans à compter du dernier passage (avec des durées différentes pour les mineurs ou en cas de décès). Une copie existe donc souvent côté hôpital ou cabinet de radiologie, ce qui rassure avant de se débarrasser d’un exemplaire papier.
Avant de vous séparer d’un cliché, quelques vérifications s’imposent :
- demandez à votre médecin ou à votre spécialiste si le cliché peut servir au suivi d’une pathologie ancienne ou chronique ;
- conservez le compte rendu écrit du radiologue, plus léger et plus utile que l’image elle-même ;
- vérifiez si une version numérique est disponible, sur CD ou via un portail patient ;
- rayez ou découpez votre nom et vos données personnelles sur la pochette et sur le film.
Les images qui datent de plusieurs décennies, ou qui concernent une maladie soignée et suivie depuis longtemps, sont les premières candidates au dépôt en déchèterie. Pour les autres, un avis médical évite de regretter un tri trop rapide.
Les bons réflexes avant de partir

Rassemblez vos radios, retirez-les des pochettes en carton (qui vont, elles, au tri du papier), puis triez les films argentiques d’un côté et les tirages récents de l’autre. Contactez ensuite votre déchèterie ou l’hôpital le plus proche pour confirmer qu’ils acceptent le dépôt. Vous repartez avec un tiroir vidé, un déchet utile à la filière et aucun document personnel qui traîne.
