Chaque année, des millions de paires de chaussures finissent à la poubelle alors qu’elles pourraient avoir une seconde vie. Jeter ses chaussures usagées de manière responsable, c’est participer à une filière textile organisée qui privilégie le réemploi et le recyclage plutôt que l’enfouissement. Heureusement, il existe plusieurs solutions simples et gratuites pour s’en débarrasser correctement.
Où jeter vos chaussures usagées : les points de collecte
La réponse la plus directe : vous pouvez déposer vos chaussures usagées dans des conteneurs à textiles, également appelés points d’apport volontaire ou PAV. Ces bacs sont disponibles dans de nombreux quartiers, notamment devant les supermarchés, les mairies, les écoles ou les salles de sport. Vous trouverez le point le plus proche en consultant l’ADEME ou des sites spécialisés qui géolocalisent l’intégralité des points de collecte textile en France.
Les associations de réemploi constituent la deuxième solution majeure. Le Relais et Emmaüs, acteurs historiques de la collecte textile en France, accueillent vos chaussures usagées dans leurs boutiques et points de collecte. Ces structures fonctionnent sur le principe du réemploi : vos chaussures qui demandent juste un nettoyage ou un léger coup de frais seront remises en vente à petit prix, permettant à d’autres personnes de les acheter à coût réduit. Vous pouvez aussi apporter vos paires directement chez eux sans obligation d’achat.
Certaines grandes enseignes de distribution reprennent également vos vieilles chaussures en magasin. Nike, par exemple, a lancé un programme de collecte où vous pouvez déposer vos anciennes baskets usagées. Plusieurs marques spécialisées en chaussures de sport ou casual proposent des points de collecte similaires, s’inscrivant dans une démarche de responsabilité environnementale et d’économie circulaire.
Quelles chaussures peuvent être déposées ?
Toutes les chaussures peuvent techniquement être collectées, mais il existe des critères de base pour que votre dépôt soit pertinent et accepté. Les chaussures en bon état, simplement usées à force de port, sont évidemment bienvenues. Les chaussures abîmées mais réparables (semelle légèrement décollée, talon usé, couture qui saute) seront dirigées vers des artisans cordonniers ou des ateliers d’insertion professionnelle.
En revanche, les modèles trop endommagés, pourris, souillés ou présentant des risques sanitaires ne seront pas acceptés : il est donc conseillé de nettoyer vos paires avant de les déposer. Les chaussures doivent impérativement être appairées, reliées ensemble ou placées dans un sac fermé pour faciliter le tri. Peu importe le type : baskets, chaussures de ville, bottes, sandales, tongs… la filière textile accepte pratiquement tous les modèles.
Alternatives avant le dépôt : réparer, donner, revendre

Avant même de penser à la collecte, posez-vous la question : vos chaussures peuvent-elles être réparées ? Un bon cordonnier saura rajeunir une paire en apparence fatiguée : replacement de semelle, ressemelage, teinture, remplacement de fermetures. Le bonus réparation, parfois proposé sous forme de réduction via certaines applications de réemploi ou d’échange, encourage cette démarche. Réparer c’est l’option la plus écologique et souvent la plus économique à long terme.
Donner vos chaussures directement à des proches, à des associations d’aide locale ou à des personnes en demande est une autre option gratuite. Des plateformes en ligne spécialisées dans la revente de seconde main (Vinted, eBay, Le Bon Coin) permettent aussi de donner une nouvelle vie commerciale à vos chaussures. Si elles sont de marque, de qualité ou encore à la mode, vous pourrez les revendre et récupérer un peu d’argent, parfois même de manière significative pour des modèles recherchés.
Que deviennent vos chaussures après collecte ?
Une fois collectées dans les conteneurs textiles ou apportées aux associations, vos chaussures embarquent dans un circuit bien défini. Celles en bon état sont nettoyées, traitées si nécessaire, puis remises en vente dans les boutiques de réemploi (Le Relais, Emmaüs et autres). C’est le cœur du modèle : donner une seconde vie à des objets plutôt que de les recycler directement.
Les chaussures trop endommagées pour être réutilisées entrent dans la filière de recyclage textile. Elles sont transformées en matière première : fibre textile récupérée pour isolation, caoutchouc broyé pour surfaces de jeux ou matériaux de construction. Certaines initiatives comme celle de Refashion pilotent des projets pour recycler les semelles synthétiques et intégrer davantage de matériaux dans l’économie circulaire.
Bonnes pratiques pour un dépôt réussi
Avant de vous rendre au point d’apport volontaire, appliquez quelques réflexes simples. Nettoyez vos chaussures (un coup d’éponge suffit) et reliez-les ensemble avec un lien ou un élastique. Emballez-les dans un sac fermé si possible : cela limite l’humidité et les désagréments lors du tri ultérieur. Laissez les semelles intérieures en place et retirez seulement les gros débris ou corps étrangers.
Consultez l’ADEME ou un annuaire local de collecte textile pour connaître les modalités précises de votre point local. Certains conteneurs acceptent les dépôts 24h/24, d’autres demandent des horaires précis. Si vous avez plusieurs paires à disposition, contactez directement l’association gestionnaire : elle aura parfois une solution d’enlèvement direct à votre domicile.
Avant le dépôt : les trois vérifications
Avant de vous rendre au conteneur à textiles, assurez-vous que vos chaussures sont propres, appairées (les deux) et reliées ensemble ou dans un sac fermé. Ces trois vérifications simples garantissent que votre contribution entrera correctement dans la filière de réemploi ou de recyclage.
